PMA : lettre aux socialistes et à Solférino

Les questions politiques partisanes engagent des compromis.

Cette réalité se révèle encore plus dans un espace où la politique des partis a confisqué la parole aux citoyens. Les joutes fratricides entre des partis à tendance européaniste (même si on trouve des exceptions en leur sein) ont appauvri le débat. Trop souvent les propositions discriminantes censées différencier se contentent d’être des caricatures. Quand on mesure les attentes des électeurs et qu’on les compare à la politique des tièdes qui est appliquée : on observe un gouffre !

Pourtant, n’étant pas sans savoir les contraintes de cette « real-politique », néologisme anglophone qui cache souvent la lâcheté de ceux qui gouvernent, je fais le dos rond et accepte l’insatisfaction parce que c’est le dernier rempart face à l’immobilisme, face à la résignation acquise.

Dès lors camarades, même si on trouvera des débats politiques qui nous divisent, voire même qui marquent mes différences  quant à la ligne du parti, vous pourrez compter sur ma volonté et mon engagement pour appuyer la gauche sur les questions qui s’imposent.

Soyons fous ! Envisageons de défendre cette minable « négociation pour l’emploi » qui met pourtant à mal le CDI et où je rejoins alors Gérard Filoche sur le constat. Nous pouvons même souligner les avancées positives de la réforme bancaire de Moscovci quand bien même cette dernière à défaut d’être ambitieuse, constitue là le renoncement ultime d’une régulation imaginée par Roosevelt, détruite par Reagan et implantée en France par l’UE néolibérale. Ces « avancées » sont souvent moins pires que ce qu’aurait fait l’UMP mais qu’est-ce qu’elles sont décevantes !

En revanche, quand vient le temps de la question éthique parce qu’il est normal que la société veuille régulièrement y réfléchir, le débat n’appartient plus aux seuls hommes et institutions partisanes mais bien aux valeurs de tout un chacun, à l’essence de l’être, ce qui est viscéral, immuable car constituant.

Quand le Parti Socialiste affirme en octobre son soutien officiel à la PMA, certains y voient la position nationale de l’appareil quand j’y vois le cache misère de l’apoptose neuronale des cadres de Solferino, bobos parisiens non avertis qui jouent avec le feu. La PMA est un branle-bas de combat ajouté après l’élection de François Hollande aux 60 propositions, dans le but de faire face au manque d’idées pour l’avenir : il s’agit de trouver un nouvel étendard progressiste, flagrante illustration du syndrome d’Orphée que connait aujourd’hui notre parti.

Nos chers leaders ne voient pas le danger que constitue la PMA. Par soucis d’égalité nous subirons la GPA qui s’imposera alors sans retour. L’exception française sombrera dans la boue libérale-libertaire qui place l’humain au rang de marchandise. Diantre ! Je croyais que nous en avions fini le 27 avril 1848 ! Je n’ose croire que la gauche en sera responsable…

Je renonce à collaborer dans cette propagande zappateriste inspiratrice des « bonnes idées » de Tera Nova que Solferino juge bon de mettre sur la table pour s’inventer un nouvel électorat à défaut de se préoccuper du peuple et du peuple de gauche qui lui est contre cette mesure ! Je refuse d’être le complice de cette folie qui contribuera à annoncer l’entrée de Front National en 2017 à l’Elysée.

 « Quand le Parti Socialiste viole le sens du peuple, l’insurrection est pour les militants et sympathisants, le plus sacré et le plus indispensable des devoirs. »

Il appartient aux territoires de rappeler Paris à l’ordre, de rappeler à ceux qui dirigent le parti c’est qu’est un électorat de gauche. Qu’importe les positions nationales du parti quand celui-ci s’égare !

Camarades, vous l’aurez compris, pour ce qui est des questions relatives à la bioéthique, je me donne un droit d’indépendance et je vous invite à en faire autant. Je garderai cette indépendance totale quand l’euthanasie sera encore traitée au parlement. En revanche, vous pouvez compter sur moi pour les questions politiques et desquelles les politiciens peuvent s’en saisir avec légitimité.

Je suis donc au regret de ne pas pouvoir soutenir cette démarche inspirée par les LGBT en ce qui concerne la procréation médicalement assistée. Je souhaite qu’ils puissent se marier, pourquoi pas adopter mais ça demande une vraie réflexion et je suis prêt à militer dans ce sens.

A voir le Parti Socialiste s’entêter à soutenir ainsi la PMA me rebuterait presque parfois à soutenir le mariage pour tous. Oui, j’y ai pensé et j’y pense. Les avancées sociétales doivent être motivées par des convictions et non pas par des stratégies électoralistes douteuses aux conséquences fâcheuses.

Camarades et sympathisants socialistes, faites le choix de la nuance et de l’humanité, pas celui de l’inertie.

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